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LOGEMENTS S.V.P.

The lack of affordable flats forces many French students to resort to the homeless’ assistance centres

| Matteo Stagnoli (Paris). Facile à dire? Il faut quand même le répéter: la qualité d’un habitat est liée à la vie que l’on peut y mener. Or, la vie d’un étudiant n’a jamais été facile, cela va sans dire. Mais, on a du mal à croire qu’on en est arrivé là. L’époustouflant reportage paru dans “Libération”, il y a quelques jours, laisse bouche bée: de plus en plus d’étudiants touchés par la crise du logement s’adressent aux centres d’hébergement d’urgence pour SDF.
   Voyons donc, qui est l’étudiant SDF? On serait tenté de penser à un p’tit voyou qui n’a pas envie de bosser. Mais R., 27, est titulaire d’une maîtrise en chimie appliquée en Algérie, l’an dernier il était en DEA d’électrochimie à Grenoble; après un stage de huit mois avec mention très bien, il est venu à Paris pour une thèse, mais il n’est pas parvenu à décrocher une bourse et le soir il dort dans un foyer d’Emmaüs. D., étudiant mauritanien en DEA de géographie sur la dynamique spatiale entre éleveurs et agriculteurs, vient d’achever la rédaction de son mémoire et depuis son arrivée en France il n’a fréquenté que des structures d’hébergement provisoire. Dans l’Essonne le service social de l’Université a signalé à une directrice de foyer le cas d’un étudiant dormant dans une vieille voiture. Le recours des étudiants aux structures d’hébergement affiliées à l’Observatoire de l’Habitat Transitoire est passé de 3,5% en 2001 à 7,5% en 2003: étudiants étrangers, mais aussi français issus de familles modestes. Pas seulement Paris mais toutes les villes universitaires sont touchées de Toulouse à Lyon, de Nantes à Lille. Les Crous sont débordés, ne pouvant satisfaire que 30% des demandes d’admission; le plan de construction de 50 000 logements étudiants annoncé par Luc Ferry va s’étaler sur dix ans. C’est le refrain de chaque rentrée universitaire... n’y a-t-il vraiment pas de solutions? Est-il normal que les étudiants s’adressent au marché du logement “privé”, dont les loyers ont littéralement flambé au cours des cinq dernières années? La France est depuis toujours un grand pays d’immigration intellectuelle: le défi est alors de créer des conditions pour qu’on puisse continuer à croire en son rang d’excellence.