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ET LE VOILE A LA FAC?

In France, the relevance of the secularism’s issue has been too often limited to the primary and secondary school (where religious signs are supposed to be prohibited). Yet, it also gets special significance at University.

   | Mathilde Bereni. Depuis la rentrée 2003, le débat sur la laïcité en France a été porté au-devant de la scène publique au travers, une fois encore, de la question du port du voile à l’école. Pour autant, les interrogations relatives à l’impératif de laïcité dans la formation des jeunes consciences n’ont pas été absentes de l’autre principale structure éducative, à savoir l’université. Elles y ont même ressurgi avec une certaine force, mais de façon différenciée, du fait de la spécificité même de l’enceinte universitaire.
   Juridiquement d’abord, à la différence des élèves, les étudiants sont des adultes majeurs auxquels l’Etat ne peut imposer de normes. Leur conscience n’est pas en formation. Plus encore l’université, qui se doit de créer les conditions favorables à la démarche de recherche, ne peut qu’encourager la liberté d’expression et de discussion.
   Dans les faits, l’Université est plutôt le lieu d’une attitude générale de «tolérance active» vis-à-vis du fait religieux. Une certaine «laïcité ouverte» y est mise en oeuvre, sorte de neutralité positive de l’Etat envers les religions. Les examens sont ainsi placés autant que possible en-dehors des fêtes religieuses, tandis que les restos proposent des menus compatibles avec les différentes pratiques.
   Toutefois, des tensions évidentes demeurent, de la part des étudiants comme des professeurs. D’un côté les revendications religieuses se font plus pressantes (demande de salles de prières par exemple). De l’autre, les comportements d’intransigeance adoptés à titre personnel par certains enseignants mettent à nu l’état de crispation idéologique à l’œuvre en France sur cette question.