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DIPLOMES KLEENEX

When you’re a recent college graduate in France this year, economic conditions force you to accept a poorly-paid internship for fear of remaining unemployed . However, what appears at first sight an easy way to enter the job market is often more complicated than you think...

   | Isabelle Alfonsi. «Un emploi? Pas de ça chez nous! En revanche, si vous cherchez un stage...» Voilà ce que l’on vous répond, invariablement. Relance après relance. Vous qui, fraîchement diplômé, voire sur-diplômé de l’enseignement supérieur, vous escrimez à trouver un emploi depuis quelques mois, faites désormais partie de ce que la presse a pu nommer les «promotions sacrifiées». En d’autres termes, des diplômés «Kleenex» à la merci de la conjoncture économique et de la frilosité des entreprises. Ne pouvant rester inactif, vous vous résolvez donc à accepter un stage rémunéré... ou non! Commence alors un véritable parcours du combattant afin d’obtenir la sacro-sainte «convention de stage», le Saint Graal des jeunes diplômés. Les épreuves sont rudes et inattendues: inscriptions déjà closes dans la plupart des cursus, secrétaires d’université qui voient d’un œil suspicieux votre inscription en DEUG alors que vous êtes détenteur d’un bac +8, enfin, mensonges incessants sur votre volonté feinte de suivre le cours d’histoire laponne...
   Dans un contexte économique difficile, les entreprises et administrations ont de plus en plus recours à des stagiaires très qualifiés, ce qui leur permet d’économiser le coût d’une création d’emploi. Lorsqu’on est jeune diplômé aujourd’hui en France, il faut donc se préparer à «payer» (une inscription bidon à la fac) et «mentir» pour avoir «le privilège» d’accéder à une première expérience professionnelle qui s’apparente plus à une forme d’exploitation qu’à une réelle possibilité d’insertion professionnelle.