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Eravamo su Saturno
La testa piena di pioggia
Noi i cani
Noi i rumori
Camminavamo sulla schiena per guardare
il cielo

Eravamo su Saturno
Il cuore pieno di veleno
Debordavamo
Noi i rumori
Camminavamo sulla schiena per vedere la
terra

*

Nous étions sur Saturne
La tête pleine de pluie
Nous chiens
Nous bruits
Nous marchions sur le dos pour regarder
le ciel

Nous étions sur Saturne
Le cœur plein de poison
Nous débordions
Nous bruits
Nous marchions sur le dos pour regarder
la Terre



Gli istanti

Ho schiacciato quest’angelo
Ci ho fatto l’amore
Ballo sopra un ramo che si spezza tutti
i giorni.

*

Les Instants

J’ai piétiné cet ange
Je lui ai fait l’amour
Je danse sur une branche qui casse tous
les jours.



Le Stagioni

Perdo i capelli
Le ragazze arrivano
Quando il sole picchierà
Avrò il cervello esposto

*

Les Saisons

Mes cheveux s’en vont
Les filles arrivent
Quand le soleil tapera
Ma cervelle sera exposée



Ventilatore acquatico

Come se piovesse sulla città
L’acqua può esserle deliziosa
Quando il calore diventa materia
E perché?
Domandalo alla città al tuo sonno ai
tuoi piedi
Quelli che puzzano anche quando sogni.

*

Ventilateur aquatique

Comme si il pleuvait sur la ville
L’eau peut y être délicieuse
Quand la chaleur devient matière
Et pourquoi?
Demande à la ville à ton sommeil à tes
pieds
Ceux-là qui puent même quand tu rêves.



Bimbo umano in natura

La melma somiglia ai cadaveri
L’acqua cola e goccia come sussurri
Il verde satura
L’umano si spegne
La mia voce si è persa nella mia testa
Le zanzare sono bestie selvagge
Le rondini sono torture
Il governatore, un vicino.

*

Bébé humain dans la nature

La vase ressemble à des cadavres
L’eau coule et goutte comme des murmures
Le vert sature
L’humain s’éteint
Ma voix est perdue dans ma tête
Les moustiques sont des bêtes sauvages
Les hirondelles sont des tortures
Le gouverneur vis à côté



In un treno italiano

Una ragazza bagnata
Una mano immaginata
Risalire, lucida e leggera lungo cosce
torrenziali
Per infine scoprire su una perla
D’un soffio l’universo e il suo
grido.

*

Dans un train Italien

Une fille mouillée
Une main qu’on a imaginé
Remonter, satinée et légère le long de
cuisses torrentielles
Pour au bout sur une perle découvrir
d’un souffle l’univers et son cri.



Sono ubriaco ma come un fiore ricevo la
bellezza.

*

Je suis ivre mais comme une fleur je
reçois la beauté.



Le ragazze sono a caccia
I ragazzi corrono per le vie, perduti.

*

Les filles sont à la chasse
Les garçons courent les rues, perdus.



Ero qui anch’io lo sai, c’erano armonie
in me.

*

J’était ici aussi tu sais, y’avait des
harmonies en moi.



Hélène
La pioggia é fuori
Sei piu fredda dell’alba

*

Hélène
La pluie est dehors
Tu es plus froide que l’aube



Sono davanti alla foresta
Ho paura
I rami che cadono sono coltelli

*

Je suis devant la forêt
J’ai peur
Les branches qui tombent sont des
couteaux



Si maschera un sorriso
Si trucca di poppers
Non scherzo
Ho il formicolio nelle gambe

*

Elle se déguise un sourire
Elle se maquille au poppers
Sans blague
J’ai des fourmis dans les jambes



Non mi lavo mai la mattina
Tengo la pelle del sonno

*

Je ne me lave jamais le matin
Je garde la peau du sommeil



Affanculo!
Inghiottire le parole!
Superficie liscia di Berezina.
Stuprare fino alle fonti.
Sulle idee graziose
Cosí mature cosí povere cosí salate
Che lui si è perso in mezzo ad un corpo
Lui stesso perso nel mezzo di un mondo
E si è trovato nelle pagine del grande
vuoto
So che faremo navigare le teste
Noi due.
Forse.

*

Rien à foutre!
Avaler les mots!
Surface lisse de Bérézina.
Violer jusqu’aux sources.
Sur les jolies idées
Bien trop mures trop pauvres trop salées
Qu’il est perdu au milieu d’un corps
Lui-même perdu au milieu d’un monde
Et s’est trouvé dans les pages du grand
vide
On va faire, je sais, naviguer les têtes
A nous deux.
Peut être.



| Smith & Laforgue Independent Press
Copyleft by Jerome Walter and Smith&Laforgue
Traduzione a cura di: Silvia Molesini
Foto: Alessandro Ansuini
Prima edizione: Maggio 2007