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| LES TRIBUS MAÇONNES Walls as a constant in the history of Mankind | François Girard (BORDEAUX). Paru en 1980, «Le Grand Fossé» est le premier album dAstérix réalisé sans René Goscinny. Cette œuvre se distingue des précédentes par son aspect politique, par la critique, notamment, du mur de Berlin et de son absurdité. Cétait il y a 27 ans. Une des morales de lhistoire est ainsi formulée: Faites le mur, pas la guerre. La présence de la séparation est ainsi légitimée par des velléités pacifistes somme toute raisonnables. Une solution nest pas recherchée dans la concorde, dans le discours, mais dans la mise en jachère de possibles négociations. Solution la plus simple. La plus aberrante et la plus barbare également. Dailleurs, cest tellement absurde que les générations futures ne voudront jamais y croire! peut-on lire à la fin de lalbum. Cest vrai. ![]() Et pourtant... et pourtant, le mur de Berlin, ontologiquement méprisable, tint encore 9 ans. Et pourtant, en Cisjordanie, un mur de protection est en ce moment même en passe dêtre terminé, empiétant au passage sur plusieurs centaines dhectares de terre palestinienne. Et pourtant, à la frontière sud des Etats-Unis, lérection dun mur de 1125 km de long (sur 3500 km de frontiére) a été décidée par le parlement américain afin de séparer le Mexique de son principal partenaire commercial. Ce chef-dœuvre technologique sera le chantier le plus imposant du genre depuis la construction de la grande Muraille de Chine. Et alors? Quid des haros sur les baudets bâtisseurs comparables à ceux auxquels nous avions droit dés 1961? Quid des critiques de lanormalité devenue norme, des difformités défendues par les champions de la générosité (G. W. Bush) ou encore dun état plus humain que nimporte quel autre (Elie Wiesel)? Quelques voix, isolées, sélèvent certes dans le désert médiatique; il nempêche. Lopinion générale, teintée de réprobation de circonstance, est relativement oublieuse et assez conciliante. Seuls quelques Chypriotes semblent enclins à détruire quelques parpaings inutiles. Parce quon les laisse faire. Et parce quils comprennent, enfin, quune séparation lapidaire engendre la honte et linjustice, que les tribus maçonnes nauront le dernier mot que si on le leur laisse. |