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| JOYEUX ANNIVERSAIRE, JÉSUS! A star is born! Heres the true celebrity story of Jesus the Christ | François Girard (BORDEAUX). Jésus est, à linstar de la plupart de ses contemporains, mort. Sil nétait que mort, lhistoire naurait rien retenu de lui; preuve en sont dailleurs les quelques 70 milliards dêtres humains (1) qui ont vécu et disparu avant nous, sans avoir eu la bonne idée de pénétrer dans ce que la bienséance nous oblige à nommer postérité. Les trois quarts de la population restent persuadés que lon ne sait rien de lenfance du Christ. Cest faux. Un certain Thomas nous apprend que Jésus était, enfant, colérique jusquà lexcès. Un petit passage de son évangile: Le maître connaissait toute lhabileté de lenfant et il le redoutait; il écrivit cependant lalphabet, et quand il voulut interroger Jésus, Jésus lui dit: Si tu es vraiment un maître, si tu as la connaissance exacte des lettres, dis-moi quelle est la signification de la lettre Alpha, et je te dirai quelle est celle de la lettre Bêta. Le Maître irrité, le poussa et le frappa à la tête. Lenfant, courroucé de ce traitement, le maudit, et aussitôt le maître tomba sans vie sur son visage.(2) ![]() Not since Jesus has a baby been so eagerly anticipated. (New York Magazine) Il est bien évident que lEglise Catholique Romaine réfute ces dires avec la véhémence habituelle des hommes de foi. Croire en de telles billevesées serait comme croire que lon peut changer de leau en plomb, voire même du vin en or... En attendant, il est fort peu probable quun enfant hébreu vivant dans une région sous domination romaine ait véritablement utilisé les lettres grecques Alpha et Bêta. On ne peut de fait porter que peu de crédits à ces quelques textes. En ce sens, et contrairement à ce que je viens de dire, on ne sait rien de son enfance. Le fils de lHomme commença vraisemblement son ministère à lâge de trente ans. Le premier de ses miracles, selon Saint Jean, fut la métamorphose deau en vin lors de noces à Cana, petit village célèbre pour la vétusté de ses bâtiments. Un peu plus tard, Jésus aurait pris 5 pains et 2 poissons, les aurait coupés en tout petits morceaux et il serait parvenu à nourrir, avec ces échantillons, une foule, je cite Saint Luc, denviron cinq mille hommes. Il aurait en outre guéri des aveugles, des estropiés, des sourds, des malades, il aurait converti des foules et fait des dessins sur le sol. Tous ces actes étaient fort peu répréhensibles. Et, en réalité, tant quil se cantonna à des régions que ni les romains ni les instances religieuses nauraient pu placer sur une carte, tout allait bien pour lui et ses disciples. Mais la rumeur de larrivée du Messie gonfla à tel point quil se retrouva forcé de se rendre à Jérusalem, grosse ville de la lointaine banlieue de Ramallah. Il y alla en mulet et y fut accueilli par une foule immense, une foule des grands jours; cétait un jeudi, on aurait pu penser que cétait un dimanche. Quoiquil en fût, Jésus organisa un dernier repas avec des adeptes dans cette bien belle ville de Jérusalem. Une petite pièce louée par un marchand servit de cantine aux 13, car oui, ils étaient treize, les 12 apôtres et lui-même. Et cette cène est la première dune pièce en trois actes, pièce que le maladroit auteur de ces quelques lignes tout aussi maladroites va sefforcer de transcrire le plus fidèlement possible. Avant le repas du jeudi, Jésus aurait lavé les pieds de ses disciples. Il se serait par la suite poliment lavé les mains, aurait rompu du pain, se serait servi un verre de vin, et il aurait dit: Prenez, mangez, ceci est mon corps. Prenez et buvez-en tous [du vin], car ceci est mon sang, le sang de lAlliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. Puis il aurait annoncé quun des treize allait le trahir pour quelques sesterces, que Pierre allait le renier à trois reprises et que le coq allait chanter trois fois. Les 12 (Judas les avait quittés de manière un peu suspecte quelques temps auparavant) se seraient par la suite mis en route vers le Mont des Oliviers, justement là où, manque de bol, les Romains faisaient une ronde en compagnie de Judas. Judas embrassa Jésus. Le Messie lui aurait alors dit cette phrase qui est entre temps devenue célèbre: Tu quoque fili?. Les Romains auraient ensuite enlevé Jésus et lauraient amené auprès du préfet de lépoque qui le condamna à la crucifixion après un procès que lon pourrait, sans mauvais jeu de mots, quali. er de lapidaire. Le second jour, le vendredi, Jésus aurait été forcé de porter sa croix jusquau sommet du mont Golgotha. Une grande différence avec la mythologie grecque est que Sisyphe avait une pierre ronde. Une pierre, ça roule. Une croix, beaucoup moins. Jésus qui, comme nous lavons vu plus haut, maîtrisait le grec, devait avoir connaissance du mythe de Sisyphe; il lâcha sa croix au sommet, mais, forcément, elle ne dévala pas la pente. Il y fut cloué. A la croix, pas à la pente. Il y resta quelques heures, regardant sa mère, ses frères et ses sœurs, écoutant les Romains qui laccrochaient en siflottant: Si javais un marteau.... Au bout de trois heures, il rendit lâme à qui de droit. On lamena dans une concession quun certain Joseph dArimathie lui aurait peu auparavant conseillée. Il y trouva un avant-dernier refuge. Au troisième jour, Jésus serait apparu à Marie-Madeleine. Là, il faut bien le dire, les informations divergent. Tous racontent que Jésus est ressuscité, certes. Mais tous ne sont pas daccord sur comment quon sen est rendu compte. Selon un certain, Jésus était déjà parti. Marie-Madeleine aurait rencontré à côté du caveau le jardinier, et elle lui aurait dit: Si cest toi qui nous a enlevé notre maître, rends-le nous. Et là, le jardinier lui aurait répondu Marie... Et elle, tout de go: Rabbouni! (3) Ce qui, en hébreu, est un mot ridicule. Dautres parlent danges qui auraient parlé aux apôtres, que les femmes étaient là, mais Marie-Madeleine pas forcément. Bref, on nest sûr de rien, sauf du fait que Jésus était bel et bien ressuscité. Du moins pendant quelques temps. En effet, quelques dizaines de jours après cet événement, il serait monté au ciel et se serait assis à la droite de son père. Nous connaissons la suite... QUOI QUIL EN SOIT: BON ANNIVERSAIRE, JÉSUS! ___________________________________ (1) Ceci nest bien évidemment quune estimation. (2) Evangile apocryphe de Thomas lIsraélite, datée du deuxième siècle après Jésus (3) St Jean |