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| HÔTEL CALIFORNIA ![]() Foto: Veronika Klančnik / urbanfields.net Ever heard of a squat in a ritzy hotel? This one is even sanctioned by plebiscite. | Christophe Temler (BERLIN/GENÈVE). Ses banques, son jet deau, ses organisations internationales, mais aussi ses squats, dont la culture est omniprésente dans la ville depuis plus de vingt ans. LHôtel California était il y a maintenant bientôt un an encore un squat et est aujourdhui une résidence étudiante bien particulière logeant environ 120 de nos camarades. Son histoire, illustre la manière dont un squat se créé dans la cité de Calvin, et démontre également que le combat politique, par lintermédaire de la démocratie directe, peut se montrer très efficace. Depuis 2001, la ville de Genève est confrontée à une grave crise du logement. Le problème nest pas le prix des appartements, mais le taux de logements vacants (0,15% en 2004). La partie de la population la plus touchée par ce phénomène est les étudiants, car, arrivant dans la ville afin dentamer des études, ils doivent se loger. En octobre 2002, une association étudiante, dont la fonction est de trouver des logements étudiants, réalise que lhôtel Carlton est vide et sans projet de rénovation. Une centaine détudiants sans logement viennent alors sy installer, et chacun dentre eux occupe une chambre disposant dun coin cuisine. La loi genevoise, créée dans les années quatre-vingt pour faire face aux crises immobilières successives, ne permet pas dexpluser les squatters lorsque le propriétaire na pas de projet concret pour son bien immobiler. La banque cantonale de Genève, propriétaire et organe dépendant de létat, est alors obligée de signer un contrat de prêt dusage à durée déterminée avec lassociation étudiante gérant lhôtel, rebaptisé Hôtel California à cette occasion. Le squat prend rapidement vie: hormis sa fonction de logement, il devient un lieu de culture alternative. Concerts, spectacles de théâtre et projections cinématographiques y sont régulièrement proposés. Son sous-sol devient bientôt célèbre pour ses soirées alternatives. LHôtel California, bien que nétant à ce moment quun squat parmi dautres à Genève, devient un symbole de la résistance estudiantine contre la crise du logement dans la ville. On en parle beaucoup dans la presse, et la plupart des policitiens et des associations de gauche soutiennent le projet. Un grand groupe immobiler annonce quil veut acheter lHôtel California, et il avance les preuves quil est également en mesure de le rénover. Lordre dévacuation est fixé au 31 août 2004. Mais les étudiants, ne voulant pas se retrouver à nouveau à la rue, sorganisent. Léquation est simple: le bâtiment appartient à létat, et à Genève comme dans toute la Suisse le peuple est souverain. Si les étudiants sont en mesure de récolter 7000 signatures, le peuple du canton devra faire savoir par lintermédiaire dun vote sil accepte la vente du bâtiment à un groupe privé afin que celui-ci restaure et renove et exploite lhôtel, ou alors si lHôtel California deviendra un espace autogéré. En deux semaines, 9710 signatures sont récol-tées, doù deux conséquences: tout dabord lacte dexpulsion est suspendu les étudiants peuvent donc rester dans leurs logements , et ensuite la vente de lhôtel sera soumise à une votation populaire. Le 28 novembre 2004, les Genevois se rendent aux urnes et refusent en votation cantonale, par 51,4% contre 48,6% des votants, que lHôtel Carlton soit vendu au groupe immobilier qui sétait montré aquéreur. Le peuple a décidé de suivre le comité référendaire qui sest opposé à la transaction et qui demande que lEtat transforme létablissement en logements pour étudiants. Les étudiants ont gagnés, et aujourdhui 120 dentre eux habitent au California. Un restaurant associatif et une crèche autogérée sont également présents sur le site. | more about it and more pictures: urbanfields.net |