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| PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE The latest news about European law for software licenses and patents fosters the inequality of competition. | Denis Devedjian (CABRIES/REIMS). Firefox. OpenOffice.org. PHP. Ces logiciels libres sont, comme des milliers dautres, menacés dextinction par voie judiciaire. La raison? En Europe, une directive pourrait introduire la notion de brevets logiciels qui, mal controlés, reviendraient à breveter les idées (et non plus les inventions), et à tuer dans loeuf linnovation informatique. Si le droit dauteur suffit en règle générale à régir les droits de copie, de diffusion, et dutilisation doeuvres littéraires ou artistiques; les particularités techniques des logiciels font quil est nécessaire de leur adapter la legislation: La copie dun logiciel est aisée et sans limite, elle ne fait appel à aucune ressource physique, si ce nest lélectricité, et il est toujours possible de modifier un logiciel (avec ou sans ses codes sources). Aujourdhui, le logiciel est soumis au droit dauteur de façon adaptée à ces caractéristiques (cf. Contrefaçon de logiciels). Une protection suffisante et efficace, qui pourtant ne satisfait pas tous les investisseurs de ce secteur. Depuis 2002, le débat fait rage entre une partie de la commission européenne (pro-brevets), le parlement européen (plus nuancés), et les défenseurs des logiciels libres (opposés à la directive). Les premiers veulent permettre la brevetabilité des logiciels. Le parlement est quant à lui résigné à une brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur, mais pas des logiciels. Tous deux saccordent à dire que les auteurs de systèmes mécaniques reposant sur des composants électroniques (tels que lABS) doivent pouvoir protéger leurs inventions, comme les pères dinventions classiques. Leur problème est de fixer la limite du brevetable. Lenjeu est de taille: de 35 à 40 milliards de dollars par an selon M. Rocard, pour les seuls droits de licences. Mais cest bien linnovation qui est menacée. Le premier danger pour linnovation serait une brevetabilité trop largement ouverte. Comment créer une interface graphique sans violer de brevet si les boutons, onglets, barres de progression, et autres clics longs sont brevetés? Si de tels brevets sont acceptés, comment un éditeur peut-il rendre public son code source? Cest peut-être là la fin des logiciels open source, dont le code est à la disposition de tous. Pour éviter cela, le droit actuel des brevets fait référence à la non-trivialité des inventions. Pour quune invention soit brevetable, il faut quelle soit novatrice, que sa description soit détaillée, et quelle ne soit pas connue de tous lors de la demande de dépôt. Cela est déterminé par les offices nationales de dépôts de brevets. Malheureusement, lexpérience montre que ces contrôles ne sont pas infaillibles, et quil est même facile de les contourner pour faire breveter à peu près nimporte quoi, même ce qui nest pas brevetable. Ces offices étant rémunérées en fonction du volume de demandes acceptées, elles ont tout intérêt à être laxistes sur les contrôles. Deuxième danger. Si la brevetabilité des logiciels est si mauvaise pour linnovation, on peut légitimement se demander quels sont les arguments pour les brevets logiciels. Propriété intellectuelle = propriété matérielle Cest léquation audacieuse que les partisants de la directive relative à la brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur tentent de démontrer. Qui sont-ils? Des multinationales de lédition de logiciels, assurées de leurs positions dominantes, et disposant dassez dhommes de lois et dassez dargent pour mener à bien tout procès liés aux brevets logiciels. Larme est aussi défensive quoffensive, parfaite pour écraser toute concurrence de la part des PME éditrices de logiciels, soit pas moins des trois quarts du secteur! Dans son édition du 14 mars 2003, le journal Le Monde estimait que 58% des 28500 entreprises françaises du secteur de lédition de logiciels comptent 1 à 2 employés. | a lire sur ce sujet: Limpact de lévolution du droit informatique sur les éditeurs de logiciels en Europe: Quel avenir pour les logiciels libres? de Denis Devedjian (2005), D.D. homepage, denis.devedjian@gmail.com |