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I LOVE ITALY

Who said that love isn’t a political matter?

   | Rossana Caroleo (Genova). Io amo il mio paese. Amo l’Italia in estate, quando un sole che acceca copre d’oro i paesi bianchi del sud; la amo in autunno, nei boschi dell’Umbria che si colorano di rosso, tra il profumo dei funghi e delle caldarroste. Adoro l’inverno italiano, con le Alpi maestose splendenti di neve e infine trovo adorabile la primavera e mi si riempie il cuore di gioia pensando alla poesia delle colline toscane coperte di fiori. Un paese festante dove in ogni piazza trovi un mercato, un vecchio suonatore di mandolino ed un abile pizzaiolo intento a cucinare delizie; e piú d’ogni cosa, trovo irresistibile la lungimirante arte politica dei governanti del mio paese che, al fine di preservare questa deliziosa armonia, hanno trascorso gli ultimi 50 anni ad intessere omissis e Segreti di Stato. Che padri premurosi, sempre pronti a nascondere la polvere sotto il tappeto, a chiudere i mostri dentro l’armadio, ad intessere verità pronte, magari non proprio vere, ma cosí indolori e lineari da tranquillizzare anche il cittadino piú sospettoso. E allora trova una bella spiegazione per il DC9 abbattuto sopra i cieli di Ustica, organizza un raccontino dettagliato per spiegare la strage del Cernis, passa una bella mano di bianco sulla strategia degli Anni di piombo e ricuci una coperta multicolore di fatti e nomi in modo che risulti tutto chiaro e lineare. Poi contatta i quotidiani nazionali ed invitali a diffondere le notizie, tutte uguali, cosí l’allegra stirpe italica non rischia di confondersi. E se poi qualche maldestro turbatore dell’ordine costituito inizia a fare domande, a chiedersi, ad esempio, come mai i militari USA sparano sulle automobili del nostro corpo diplomatico, sarà sufficiente organizzare una bella conferenza stampa, mandare in onda qualche politico importante, stampargli sul viso un’espressione contrita ma misurata e fargli ripetere la solita rassicurante lezioncina. Il tutto per la durata complessiva di 5 minuti. Poi la giostra riprende e il panem et circenses versione nuovo millennio riprende la sua allegra corsa tra canzonette, veline svestite e musicisti da pianobar travestiti da politici. Io amo il mio paese.




italiano

I LOVE ITALY


| J’aime mon pays. J’aime l’Italie en été, quand le soleil aveuglant couvre d’une cape d’or les villages blancs du sud; je l’aime en automne, dans les bois d’Ombrie qui se colorent de rouge entre les parfums de marrons et de champignons. J’adore l’hiver italien, avec les Alpes majestueuses, infinies, resplendissantes dans la neige. Au printemps mon coeur se remplit de joie à la pensée de la poésie des collines toscanes couvertes de fleurs. Un pays de fête, où à chaque place, tu trouves un marché, un vieux joueur de mandoline et un habile pizzaiolo cuisinant quelques délices... Mais plus que tout, je trouve irrésistible l’art politique des gouvernants de mon pays qui, afin de préserver cette délicieuse harmonie, ont passé les 50 dernières années aux intérêts d’omission et de Secrets d’état. Quel pères prévenants, toujours prêts à cacher la poussière sous le tapis, à enfermer les monstres dans l’armoire, à tresser une vérité toute prête, peut-être pas vraiment vraie, mais si indolore et linéaire qu’elle tranquilliserait le citoyen le plus soupçonneux. Ainsi, on donne une belle explication pour le DC9 abattu sous les cieux d’Ustica, on organise un petit récit détaillé pour expliquer le massacre du Cernis, on passe une belle couche de blanc sur la stratégie des Années de plomb, et on réussi sa couverture multicolore de faits et de noms, de manière à ce que tout résulte clair et linéaire. Puis on contacte les quotidiens nationaux et on les invite à diffuser les nouvelles, toutes égales, pour ne pas risquer de troubler la joyeuse lignée italique.
   Et si ensuite quelque maudit perturbateur de l’ordre constitué commence à faire des demandes, à s’interroger: mais comment se fait-il par exemple que les militaires USA tirent sur les automobiles de notre corps diplomatique? Alors il suffira d’organiser une belle conférence de presse, d’envoyer sur les ondes quelque politicien important, de lui imprimer sur le visage une expression contrite mais mesurée, et de lui faire répéter l’habituelle petite leçon rassurante. Le tout pour une durée complète de 5 minutes. Puis le manège reprend et le panem et circenses, version nouveau millénaire, reprend son cour joyeux entre chansonnettes, soubrettes déshabillées, et musiciens de piano bar déguisés en politiques. J’aime mon pays.

| traduction: Hélène Degrandpré