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MIGRAZIONE E BILINGUISMO français Gëzim Hajdari is one of the greatest Albanian poets these days. In an interview with Frank Zurlo the bilinguist authortalks about linguistic diversity in the growing European Union. > Quale lingua si parla secondo lei oggi in Europa? > HAJDARI: Come si sa, la lingua piú parlata, purtroppo, è linglese. Dico questo perché avrei preferito una lingua piú intima, piú interiore, piú ricca e musicale. La lingua inglese, secondo me, è una lingua che ragiona in termini di affari. Daltra parte è pur sempre la lingua di Shakespeare. < > Quale ruolo possono avere oggi le lingue nel processo di integrazione economica e politica europea? > HAJDARI: Innanzitutto, al posto di integrazione, preferirei il termine interazione. Integrazione è una parola devastante, con effetti terribili per il futuro degli individui e dei popoli europei e non solo, se non interveniamo intelligentemente. Lintegrazione distrugge le differenze, le usanze, i costumi. È un termine usato spesso in Italia, dai politici ma anche dagli uomini di cultura! Integrazione vuol dire integrarsi nella lingua dellaltro. Integrarsi nella cultura dellaltro significa integrarsi nella religione dellaltro e abbandonare la propria lingua, la propria cultura e le proprie usanze. Come vede, vuol dire annullarsi. Lintegrazione impoverisce la società. Invece interazione vuol dire scambio, arricchimento reciproco; vuol dire uscire ed entrare da una lingua allaltra, da una cultura allaltra. La civiltà del Mediterraneo non è altro che un interagire di popoli, culture, usanze e sponde. Perché dallinteragire nascono e si rielaborano nuove forme di vita, di pensiero e di arte. Ormai ci guidano i commercianti, e siamo tutti loro merce. Ma prima di una interazione economica e politica europea, parlerei di una interazione culturale. Come diceva Montale, in una delle sue ultime interviste, luomo economico da solo non potrà sopravvivere; perché una vera cultura vuol dire una vera economia e una vera politica. < > Cosa ne pensa dellegemonia che hanno alcune lingue europee (linglese, soprattutto, ma anche il francese e il tedesco) allinterno della vita della Comunità europea? > HAJDARI: Legemonia del francese e del tedesco ha una base culturale straordinaria nel corso dei secoli, mentre legemonia dellinglese è condizionata dalla potenza economica e scientifica degli Stati Uniti. Comunque, temo che la superiorità delle lingue suddette potrebbe dar vita nel futuro ad un annientamento delle altre lingue del vecchio continente. Penso che sia un processo inarrestabile, anche se mi auguro il contrario. < > Che ruolo pensa possano avere i flussi migratori nella ridefinizione delle lingue parlate in Europa? Crede che possano essere un elemento darricchimento? > HAJDARI: Ovviamente sí. I flussi migratori sollecitano le lingue parlate con nuove forme. Un migrante cede alla nuova lingua ospitante elementi della propria e viceversa, prendendo dalla nuova e arricchendo la propria. È un processo straordinario. Non dobbiamo dimenticare che insieme alle lingue migratorie, transitano storie, culture e memorie diverse, che arricchiscono la nuova Europa. < > Quale ruolo crede possano avere nella lingua europea le lingue marginali parlate solo in singoli Stati o addirittura da gruppi ristretti di persone nella vita sociale e culturale europea? Non crede che andrebbero valorizzate? > HAJDARI: Un detto africano dice che quando muore un anziano è una biblioteca che brucia. Il ruolo delle lingue cosiddette marginali è di una importanza unica. Piú lingue parlate vogliono dire piú identità culturali. Lestinzione delle lingue marginali è un impoverimento culturale. < > Cosa le ha insegnato la sua pratica letteraria bilingue? > HAJDARI: Oggi non si migra solo da un paese allaltro, ma anche da una lingua allaltra. Il bilinguismo mi ha insegnato che il mio corpo è la mia patria e il mio nome è la mia identità. Anzi, ogni giorno creo una nuova patria, in cui muoio e rinasco. Il dilemma è: saremo in grado di sostituire la patria con la lingua, per condividere insieme destino e futuro? Bilinguismo vuol dire tolleranza e dialogo. < > Quale lingua o lingue spera che si parleranno nellEuropa di domani? > HAJDARI: Spero lalbanese... < | Gëzim Hajdari è nato a Lushnje, Albania, nel 1957. È stato docente di Letteratura nel Liceo Scientifico J.Nushi della stessa città. Si è laureato in lingua Albanese e in Lettere Moderne presso luniversità di Elbasan. Attualmente risiede a Frosinone. Nel 1991 ha pubblicato Antologia e Shiut (Antologia della pioggia). Nel 1993 Ombre di cane. MIGRATION ET BILINGUISME italiano Gëzim Hajdari est lun des plus grands poètes albanais de nos jours. Parfaitement bilingue, il écrit et traduit dans sa langue maternelle et dans sa langue dadoption, litalien. Du fait de sa double pratique littéraire, nous avons décidé de lui poser quelques questions au sujet de la pratique des langues aujourdhui en Europe. Par Franck Zurlo (Traduction par Marian Nur Goni) > Quelle langue parle-t-on aujourdhui en Europe? > HAJDARI: Comme nous le savons tous, langlais est la langue la plus répandue, hélas. Je dis hélas car jaurais préféré que lon donne plus dimportance à une langue plus intime, plus intériorisée, plus riche et musicale. La langue anglaise rime avec le monde des affaires. Dautre part, il est vrai aussi que cest la langue dans laquelle Shakespeare sexprimait... < > Des nos jours, quel rôle peuvent jouer les différentes langues dans le processus dintégration économique et de politique européenne? > HAJDARI: HAJDARI: Tout dabord, je préfère le mot interaction à celui dintégration. Intégration peut être un mot aux effets terrifiants pour le futur des individus et des peuples européens, si nous nintervenons pas intelligemment. Lintégration détruit les différences, les coutumes. Cest un mot très utilisé en Italie, par les politiciens mais aussi par les intellectuels! Intégration signifie sintégrer dans la langue de lautre. Intégration dans la culture de lautre signifie sintégrer dans la religion de lautre et abandonner sa propre langue, sa propre culture et ses propres coutumes. Cela équivaut à une annulation. Lintégration appauvrit la société. En revanche interaction signifie échange, enrichissement réciproque; cela signifie que lon peut sortir de sa propre langue et culture pour aller vers lautre et vice-versa. La civilisation de la Méditerranée na été quinteraction de peuples, de cultures, de coutumes. De linteraction naissent et sont élaborées des nouvelles formes de vie, de pensée et dart. Désormais ce sont les commerçants qui nous guident et nous sommes leur marchandise. Avant de parler dinteraction économique et de politique européenne, je parlerai dinteraction culturelle. Comme le disait Eugenio Montale, dans une de ses dernières interviews, lhomme économique ne pourra pas survivre tout seul, puisquune vraie culture signifie une vraie économie et une vraie politique. < > Que pensez-vous de lhégémonie de certaines langues (langlais dabord, mais aussi le français et lallemand) dans la vie de la Communauté Européenne? > HAJDARI: Lhégémonie du français et de lallemand sest faite sur une base culturelle extraordinaire au fil des siècles, tandis que lhégémonie de la langue anglaise est supportée par la puissance économique et scientifique des Etats-Unis. Je crains tout de même que la supériorité des langues mentionnées ci-dessus pourrait donner lieu dans le futur à un anéantissement des autres langues du vieux continent. Je pense que cest un processus que lon ne peut pas arrêter, même si je ne le souhaite pas. < > Quel rôle pensez-vous pourront jouer les flux migratoires dans la re-définition des langues parlées en Europe? Croyez-vous quils pourront jouer un rôle déléments denrichissement? > HAJDARI: Bien sûr que oui. Les flux migratoires sollicitent les langues parlées avec des formes nouvelles. Un migrant cède à la langue dadoption des éléments de la sienne et inversement, il sapproprie des éléments de la nouvelle langue pour enrichir sa langue maternelle. Cest un processus extraordinaire. Il ne faut pas oublier quavec les langues migrent et transitent des histoires, des cultures et des mémoires différentes qui enrichissent la nouvelle Europe. < > Dans le futur de la vie sociale et culturelle européenne, quel rôle, pensez-vous, pourront avoir les langues dites "marginales", celles qui sont parlées dans un seul Etat ou bien par des groupes restreints dindividus? Ne croyez-vous pas quil faudrait les réhabiliter et les revaloriser? > HAJDARI: Un proverbe africain dit que quand un vieillard meurt, cest toute une bibliothèque qui brûle. Le rôle des langues dites marginales est dune grande importance. Les langues correspondent à des identités culturelles. Lextinction des ces langues est un appauvrissement culturel. < > Quels enseignements tirez-vous de votre pratique littéraire? > HAJDARI: Aujourdhui nous ne migrons plus seulement dun pays à lautre, mais aussi dune langue à lautre. Le fait dêtre bilingue ma appris que mon corps est ma patrie et que mon nom est mon identité. Et même plus que ça, car chaque jour je crée une nouvelle patrie dans laquelle je meurs et viens au monde. Le dilemme est le suivant: saurions-nous mettre la langue à la place de la patrie afin de partager ensemble un destin et un futur? Bilinguisme signifie tolérance et dialogue. < > Quelle langue ou quelles langues parlera-t-on demain en Europe? > HAJDARI: Lalbanais jespère... Gëzim Hajdari est né à Lushnje, Albanie, en 1957. Il a été professeur de littérature dans le lycée Scientifique J.Nushi de la même ville. Il a une maâtrise de lUniversité dElbasan en langue Albanaise et en Lettres Modernes. Actuellement il habite Frosinone, en Italie. En 1991 il a publié Antologia e Shiut et en 1993 Ombre di cane. |